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DE LOUIS XIV À NAPOLEON À CHANEL

À deux pas de la première boutique de Mademoiselle Chanel rue Cambon, se trouve l’hôtel Ritz au 15 de la place Vendôme. Cette place, de forme octogonale, fut construite sous Louis XIV pour servir d’écrin à sa statue. Bâtie d’après les plans de Jules Hardouin-Mansart, elle abrita alors des hôtels particuliers. Les façades, les toitures et la décoration du premier étage de l’hôtel Ritz sont aujourd’hui classées.

La colonne, haute de 43 mètres, fut érigée sous Napoléon, entre 1804 et 1818. Imitant la colonne Trajane de Rome, elle glorifie l’héroïsme des soldats vainqueurs à Austerlitz : sa chape en bronze résulte de la fonte de 1250 canons pris aux ennemis. Elle fut déboulonnée pendant la Commune de Paris en 1871 et le peintre Gustave Courbet, un des auteurs de sa destruction, sera emprisonné, puis devra payer de ses deniers pour la remettre en état.

C’est une toute autre statue qui surplombe la colonne un soir d’été 2011 au Grand Palais : Coco Chanel a remplacé Napoléon au sommet de la fameuse colonne. Dans un décor nocturne de la place mythique, les façades scintillent dans l’obscurité et révèlent un asphalte luisant. La collection Haute Couture Automne-Hiver 2011/2012 défile sous la constellation d’une voûte étoilée.

Photo : Frédéric David

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THE HAUTE COUTURE SHOW
BY ELISABETH QUIN

From the dizzy heights of whimsy, perched atop a black and white column on a replica Place Vendôme, a monochrome Coco Chanel decidedly wasn’t welcoming her guests at the Haute Couture runway show in the Grand Palais, Paris. Stonily surveying the evening-time hustle and bustle of summer 2011, the fashion world, and indeed the century, the arrogance of Coco’s stance is irreverently turned on its head as we lift our gaze and see right up her skirt. The ‘behind-the-scenes’ of fashion, we presume. Karl Lagerfeld ever fondly amuses himself with the muse. His Haute Couture collection spectacularly sweeps us through the silhouettes, fetishes and emblems that inform the Chanel aesthetic, from 1880 to 2011.

Staying for the moment in 2011, androgynous touches peek out from behind ultra-feminine constraints, luxury resists ostentation, and sheer elegance is infiltrated with unmistakably edgy cool. A boat-neck fuchsia evening gown is accessorized with embroidered black voile fingerless gloves. And the rocker overtones are stepped up a notch with a biker-esque zip running the length of a quilted evening skirt suit, unapologetic alongside sequin and embroidery detail. Feather, voile and lace fringing gives sass and spirit to black and white swans of the evening.
Lagerfeld offers a fresh spin on Godet skirts, sumptuous accented basque jackets, Peter Pan collars, collarless suits and straight-cut suits, with a sexily-slashed shoulder here, a glittering optical illusion of rhinestone buttons there, or perhaps a classic Karl high-necked collar to show off the ladylike posture of a head held high. Two-toned boots are transparent or fully embroidered by Massaro, exuding youth and movement.

Looking back to 1880, the boater hat is the sassy accessory of choice. It crops up throughout the collection, adorned with feathers, tulle or ribbon, embroidered, scattered with camellias, covered in tweed, serving every turn, and punctuating the collection like an exclamation mark. The boater hat is forever tied to Coco Chanel who, loving its simplicity, borrowed it from the garb of rowers and bicycling aficionados in the early 20th century, and promptly made it her own. The starry night in the Grand Palais conjures Renoir’s 1881 painting “Luncheon of the Boating Party”, which depicts a scene at the Maison Fournaise in Chatou, France. To the strains of a boating refrain: “In their jerseys and straw hats, the rowers are more charming than any of these young dandies!” (from Alain Chartier’s 1859 painting “Canotage, Glouglou, Stella et Mignonne”).
This dazzling collection gaily skips back and forth through the decades to offer a young, ever elegant silhouette… with sass.

Watch the full show online on chanel.com

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COCO ET LA PLACE VENDÔME

« Chanel et la place Vendôme sont très liées. Elle a habité au Ritz, maintenant il y a une boutique de Joaillerie, c’est très Paris, il y a beaucoup de photos d’elle sur la place Vendôme. Le site mythique du Ritz est toujours le Ritz et fait partie de la place Vendôme. » Karl Lagerfeld

Refusant de « s’installer », Mademoiselle Chanel a séjourné à l’Hôtel Ritz dès les années vingt, avant de choisir d’y vivre et de louer une suite au troisième étage en 1937.

La place Vendôme fut une de ses sources d'inspiration. Son espace, sa forme surtout, se retrouvent dans le bouchon octogonal du flacon de son premier parfum, le N°5.

Plus tard, ce sera la montre Première qui reprendra cette esthétique. Aujourd’hui, face aux fenêtres de la Suite Coco Chanel, au numéro 18, on peut voir la boutique Chanel Joaillerie que la maison a ouverte en 1997.

Photo : 1937 - Gabrielle Chanel au balcon de sa suite de l'Hôtel Ritz, Paris © Photo Roger Schall / Collection Schall

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LE DÉFILÉ HAUTE COUTURE
PAR ELISABETH QUIN

Perchée en haut d’une Colonne Vendôme noire et blanche, une Coco Chanel chromée n’accueillait pas les invités du défilé Haute Couture au Grand Palais, mais surplombait, impassible, l’agitation du soir, de l’été 2011, du monde de la mode, du siècle... Image insolente, mais contre-plongée irrévérencieuse en retour, car en levant les yeux vers Coco, nous voyions sous sa jupe... Les dessous de la création ? Karl Lagerfeld s’est amusé avec la muse, une fois de plus, tendrement. Et a offert avec cette collection Haute Couture un survol brillant des silhouettes, codes, fétiches et emblèmes de Chanel, de 1880 à 2011 !

Très 2011, l’impératif ultra-féminin qui s’accompagne d’un soupçon d’androgynie, le luxe refusant l’ostentation, un je-ne-sais-quoi de furieusement rock’n’roll venant chahuter l’élégance absolue. Ainsi des mitaines en voile noir brodé accompagnant une robe du soir fuchsia à décolleté bateau. Ainsi du tailleur du soir matelassé, pailleté et brodé enhardi par un zip sur toute la longueur de la veste et de la jupe, parfait l’inspiration combinaison de motard ! Ou encore ces effilochés de plumes, de voile, des dentelles qui donnent de l’air et de l’esprit aux cygnes noirs et blancs du soir. Les jupes à quilles, les somptueuses vestes à basques accentuées, les cols Claudine, les tailleurs sans col, les tailleurs droits sont revisités avec ici, une épaule découpée sensuellement, là, une constellation de boutons strassés en trompe-l’œil, là encore un col montant à-la-Karl exaltant la féminité d’un port de tête. Et les bottes bi-colores, transparentes ou intégralement brodées par Massaro affirment jeunesse et mouvement.

Très 1880 ? Le canotier ! Omniprésent, spirituel, orné de plumes, de tulle, de rubans, brodé, piqué de camélias, recouvert de tweed, le canotier était de tous les passages, véritable point d’exclamation de la collection. Il est indissociable de Coco Chanel, qui l’a adoré pour sa simplicité et adopté alors que seuls les as du canotage et de la petite reine le portaient au début du XXème siècle. Dans la nuit étoilée du Grand Palais, on pensait au tableau de Renoir « Le déjeuner des Canotiers » chez le père Fournaise à Chatou, en 1881. À la chanson des canotiers « Sous leurs vareuses et leurs toquets, les canotiers sont plus coquets que tous ces tas de freluquets ! » (dans Canotage, Glouglou, Stella et Mignonne d’Alain Chartier, 1859).
Résultat : un va-et-vient brillant et ludique à travers le temps, proposant une silhouette jeune, infailliblement élégante, l’esprit en plus...

Regardez le défilé en intégralité sur chanel.com

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