Le Questionnaire littéraire de

Elsa Zylberstein

Elsa Zylberstein, actrice et amie de la Maison, se confie sur son rapport à la lecture et évoque les héroïnes qui l’inspirent.

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Votre vie vous permet-elle de lire comme vous le souhaitez ?

Non, pas assez malheureusement, mais dès que je pars à l’étranger ou que je ne tourne pas, je peux lire davantage. À Paris, ce n’est pas évident. J’ai besoin de faire le vide dans ma tête et d’avoir de l’espace pour accueillir un nouveau livre.

Y a-t-il un livre qui vous a aidée à conduire votre vie ?

Peut-être les Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke à un moment donné, puis Le prophète de Khalil Gibran, ainsi que le Journal de Jean René Huguenin et Laissez-moi de Marcelle Sauvageot.

« J’ai besoin de faire le vide dans ma tête et d’avoir de l’espace pour accueillir un nouveau livre. »

Quel est le livre le plus libérateur que vous ayez lu ?

Bizarrement quand j’avais 16 ou 17 ans, je n’aimais pas beaucoup lire, et puis j’ai lu Au bonheur des dames de Zola et cela m’a remplie de joie. Ensuite, j’ai découvert Balzac, Flaubert, et je suis entrée dans un genre romanesque qui me convenait complètement. J’ai découvert des destins de femmes incroyables, et j’ai ressenti une grande envie de vivre et de m’émanciper ! Mais aussi Henry James avec Portrait de femme, ou Edith Wharton avec Chez les heureux du monde par exemple.

Et le plus éprouvant ?

Je dirais Le Livre de ma mère d’Albert Cohen, et peut-être récemment le livre de Delphine Horvilleur, Vivre avec nos morts.

Quelle héroïne de fiction aimeriez-vous être ?

Peut-être Jézabel d’Irène Némirovsky, ou une héroïne d’Edith Wharton. Ou bien une héroïne viennoise, par exemple Mademoiselle Else d’Arthur Schnitzler, ou bien une héroïne de Stefan Zweig comme celles de La pitié dangereuse ou Brûlant secret. Des héroïnes torturées, prêtes à basculer, fragiles et fortes à la fois.

Quel est l'endroit idéal pour lire ?

Un avion ou un train, ou très loin sous les tropiques.

« J’ai découvert des destins de femmes incroyables, et j’ai ressenti une grande envie de vivre et de m’émanciper ! »

Êtes-vous plutôt roman d'amour ou roman d'aventures ?

Plutôt roman d’amour, bien sûr.

Préférez-vous les romans fleuves ou les récits courts ?

Ça dépend, j’ai pu aimer certains romans fleuves qui m’ont appelée mais j’aime bien les récits courts, par exemple La plus précieuse des marchandises de Jean-Claude Grumberg qui est magnifique.

Quel livre aimeriez-vous voir adapté au cinéma ?

Les livres de Valérie Perrin, ou Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand.

Le titre d’un livre à offrir indéfiniment ?

L’attrape-cœurs de Salinger, ou Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig.

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète, traduction par Sacha Zilberfarb, © Les Éditions du Seuil, « Fiction & Cie », 2020, Points, 2021 (pour la version française).
Khalil Gibran, Le prophète, Traduction par Janine Levy, © Le Livre de Poche, 1993.
Jean-René Huguenin, Journal, © Les Éditions du Seuil, « Cadre rouge », 1964, Points, 1993, n.e. 2020.
Marcelle Sauvageot, Laissez-moi, 1934.
Emile Zola, Au bonheur des dames, 1883.
Henry James, Portrait de femme, Traduction par Philippe Neel, © Le Livre de Poche, 2022.
Edith Wharton, Chez les heureux du monde, Traduction par Charles Du Bos, © Le Livre de Poche, 2010.
Albert Cohen, Le Livre de ma mère, Éditions Gallimard, 1954.
Delphine Horvilleur, Vivre avec nos morts, © Éditions Grasset & Fasquelle, 2021.
Irène Némirovsky, Jézabel, 1936.
Arthur Schnitzler, Mademoiselle Else, Traduction par Henri Christophe, © Le Livre de Poche, 1993.
Stefan Zweig, La pitié dangereuse, Traduction par Alzir Hella, © Éditions Grasset & Fasquelle, 2010.
Stefan Zweig, Brûlant secret, Traduction par Alzir Hella, © Le Livre de Poche, 2019.
Jean-Claude Grumberg, La plus précieuse des marchandises, © Les Éditions du Seuil, « La Librairie du XXIe siècle », 2019, Points, 2020.
Agnès Martin-Lugand, Les gens heureux lisent et boivent du café, © MLP, 2013.
J. D. Salinger, L’attrape-cœurs, Traduction par Annie Saumont, © Robert Laffont, 2003.
Stefan Zweig, Lettre d’une inconnue, Traduction par Alzir Hella et Olivier Bournac, © Stock, 2009.

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